Moi ce que j’aime, c’est les monstres d’E. FERRIS

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STOP … STOOOOOP !!!

 

Vous y êtes. Pile au bon endroit.

Vous allez, grâce à moi, découvrir la BD de l’année 2018.

En dehors de la petite touche de vanité de cette 1ère phrase, je pense très sincèrement que cette chronique est consacrée à l’album de l’année.

J’ai passé 2 bonnes heures à lire, parfois relire ce journal intime artistique, policier et initiatique. Je n’avais rien lu de tel depuis l’extraordinaire « ASTERIO POLYP » et le non moins fabuleux « JIMMY CORRIGAN ».

 

Sans vous dévoiler l’histoire riche, complexe et très intime de « MOI CE QUE J’AIME, C’EST LES MONSTRES », je veux insister sur plusieurs points:

Commençons par ce que ce voit le plus: l’épaisseur du journal intime de Karen m’a de suite mis dans le contexte; Karen va prendre le temps. Le temps de me faire comprendre sa vie, son quotidien et ce qui la tracasse, l’émerveille et la chagrine.

Dès la 1ere page, le choc !! une maitrise diabolique et fascinante du dessin. Une impression de travail énorme, des heures à trouver l’angle, la couleur, l’ombre permettant une empathie immédiate. Une grâce artistique complétée par une audace visuelle peu commune. A chaque page (ou double page), Emil FERRIS accroche mon regard dans celui de ses personnages et me plonge dans le coeur noir de son scénario.

Bien entendu, la noirceur est omniprésente mais pas que. Au coeur de son scénario, Emil FERRIS brandit un poing levé, celui des résistants, des différents !! car avant d’être une galerie de Freaks (au sens propre du terme), les personnages de « MOI CE QUE J’AIME, C’EST LES MONSTRES » sont d’abord de vaillants résistants urbains, cabossés par la vie, parfois percutés par l’Histoire et souvent anesthésiés par la fatalité mais ils ont quasi tous une force intime puissante: L’AMOUR et elle déplacera des montagnes !!

 

Je vous invite dans l’intimité de Karen, petit monstre adorable et de son quotidien rempli de monstres, d’intrigue et de sa quête d’amour.

 

« Scary monsters, super creeps
Keep me running, running scared »

David  BOWIE

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Il faut flinguer Ramirez de N. PETRIMAUX

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Bon … Autant vous dire de suite que cette BD, c’est d’la balle !! Un pitch presque simpliste: un ancien tueur à gage d’un cartel de la drogue mexicain se retire du marché. Une perte inestimable pour le cartel d’autant plus qu’il s’est barré en les plantant méchamment. Ramirez, c’est de lui dont on parle, était le meilleur et de loin; rien que son prénom inspirait respect et crainte chez tous les concurrents du cartel. Un putain d’ange de la mort muet comme un banquier suisse, une moustache à la Gérard Hernandez et une tache de vin sur le visage, façon Gorbatchov.

Pfffuuuiiiii … Il disparaît, le Ramirez … Le burn out du killer.

 

Peu de temps après, à Falcon city dans l’Arizona, 2 portes flingues pas fute-fute du cartel se rendent chez ROBOTOP, the leader of the aspirateur, genre multinationale APPLE mais version electro aspirateur design. Le leur ne va plus et nos 2 débilo-flingueurs veulent faire jouer la garantie.

Et sur qui ils tombent nos 2 intellectuels ?? Eh ouais … Sur Ramirez, en virtuose de la réparation d’aspirateur.

Faut croire que les ennuis viennent 2 par 2 car un couple de pétroleuses armées jusqu’au soutif et braqueuses de banque à leur moment perdu, vient se joindre à tout ce beau monde …

COURS, RAMIREZ, COOOOOUUUUUURRRRRSSS !!!  

 

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Achetez vous cet album, lisez le bien !! Impossible ici de vous décrire les détails mais immédiatement après l’avoir lu, laissez moi un commentaire !!

Vous allez y trouver des références cinématographiques, des icônes de la culture pop, des fausses pubs et surtout beaucoup de plaisir.

 

UN ENOOOOOOOORME MERCI A NICOLAS PETRIMAUX ET AUX EDITIONS GLENAT POUR CE BIJOU D’HUMOUR TRASH, JUBILATOIRE ET VIVEMENT LA SUITE.

 

 

Le chemisier de B. VIVES

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Séverine est étudiante en lettre à la Sorbonne.

Séverine a un petit ami, Thomas, un geek amateur de série TV, gentil mais pas le mec le plus attentionné du monde.

Séverine est une fille sympa, un peu jolie mais pas trop, timide, discrète et secrète. Une fille parmi d’autres, quoi !

Mais ça suffit à Séverine.

 

Un soir, pendant son baby sitting, la petite Eva qu’elle garde depuis un moment lui vomit dessus et pour lui permettre de se changer, le papa de celle ci lui prête un chemisier de soie. Blanc, soyeux, attirant la lumière et le regard des hommes sur le corps de Séverine.

Ce chemisier va changer ses rapports aux autres et surtout la rassurer. Par une simple prise de conscience de son charme, Séverine reprend le contrôle de sa vie, de ses désirs.

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Une tranche de vie qui correspond bien à l’air du temps. Séverine est une héroïne moderne et ancrée dans son époque. Le constat de Bastien VIVES sur nos rapports aux autres est sans équivoque. Nous consacrons beaucoup d’énergie à paraitre au lieu d’être. Séverine est certes discrète mais la révélation de ce chemisier lui accorde une mise en lumière nouvelle sur son « être ». Elle va se révéler à elle même.

 

Comme pour « une soeur« , l’album est chargé d’un certain érotisme; parfois déroutant et brutal, il s’inscrit dans l’histoire pour marquer la prise de conscience de Séverine de son nouveau pouvoir. A ne pas mettre devant tous les yeux donc !!

 

L’album sortira le 12 septembre 2018. Une date a retenir donc !

Edmond de L. CHEMINEAU d’après la pièce de A. MICHALIK

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Le destin est curieux mais quand il tourne dans le bon sens, on ne peut être que reconnaissant. Léonard CHEMINEAU était ingénieur, il est désormais dessinateur de BD à plein temps et son talent, déjà remarqué à Angoulême, commence à l’installer parmi les auteurs qui comptent.

J’avais beaucoup aimé « LE TRAVAILLEUR DE NUIT », son précédent album: le destin véridique d’Alexandre Jacob, voleur, anarchiste, esthète, qui aurait inspiré ARSENE LUPIN.

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Un one shot signée Rue de sèvres qui continu avec lui l’aventure pour une autre histoire: « EDMOND ».

Inspiré par la pièce d’Alexis MICHALIK, « EDMOND » décortique avec tendresse, humour et talent la création de la pièce de théâtre française la plus jouée dans le monde: CYRANO DE BERGERAC.

A l’époque, à la fin du XIXème siècle, Edmond de Rostand n’a pas encore écrit grand chose. Il est débutant et peu sur de lui. La grande SARAH BERNHARDT a accepté de jouer sa pièce LA PRINCESSE LOINTAINE et elle le recommande auprès d’un directeur de théâtre. Il a peu de temps pour écrire une histoire et va devoir puiser chez tous de quoi alimenter sa grande création.

Le travail de CHEMINEAU est précis et chaleureux; L’empathie est immédiate avec les personnages et on prend plaisir à suivre ce processus créatif. Toutes proportions gardées, cela m’a rappelé l’excellent SHAKESPEARE IN LOVE. Je lui souhaite le même destin.

 

A VUE DE NEZ, CE SERA UN CHEF D’OEUVRE !!

Complot de N. BEUGLET

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J’ai une de mes collègues, qui est d’ailleurs plus une amie qu’une collègue, qui m’a « vendu » le 1er roman de N. BEUGLET comme étant un vrai coup de coeur; une intrigue, du style et de la maitrise pour un jeune écrivain français inconnu qui l’ont réellement enchanté. « Le cri » (c’est le titre du fameux 1er roman) est resté longtemps sur nos tables de présentation. Ca plus le talent du monsieur ont créé une attente pour son second opus.

« Complot » est lui aussi une belle réussite; on y retrouve l’héroïne du 1er livre est surtout le style de l’auteur: une combinaison des belles années de JC. GRANGE, de celles de D. BROWN et du talent actuel de F. THILLIEZ.

N’imaginez pas que je critique Mr GRANGE , ni Mr BROWN mais disons que je préfère leurs premières écritures.

Mais finalement, je n’ai pas besoin de vous le comparer à d’autres car avec le résumé que je vais vous en faire, vous allez forcement l’acheter demain matin:

L’inspectrice Sarah GERINGEN est appelée de toute urgence sur une ile lointaine de Norvège. Le cadavre de la première ministre y a été découvert et les circonstances de sa mort sont plus qu’étranges; contre toutes attentes, la victime a tenté, dans un ultime effort, d’effacer les traces de son agresseur. Le meurtre, ritualisé et très violent, de cette politicienne va plonger l’inspectrice GERINGEN dans une affaire sombre aux ramifications insoupçonnables.

 

Veritable page turner (dans le bon sens du terme), N. BEUGLET propose ici un récit captivant et moderne. Pas seulement pour l’intrigue policière mais aussi sur certains axes de réflexion de notre quotidien.

 

Mon amie avait été dithyrambique (ouais j’aime bien placé un mot comme celui là) … Elle avait raison.

 

Bonne lecture et n’hésitez à me donner votre avis

 

Un océan d’amour de LUPANO & PANACCIONE

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Vous qui commencez à me connaitre, vous avez deviné mon gout pour les romans graphic. Je dis souvent, quand on vient me chercher un conseil BD, que le roman graphic s’adresse à des lecteurs, aux amateurs de littérature.

« Un océan d’amour » de PANACCIONE & LUPANO ne déroge pas à cette « définition » : c’est un pavé, en one-shot, proposant un scénario littéraire; une histoire jolie, simple et tellement universelle: celle d’un amour inconditionnel entre un homme et une femme:

Un petit marin-pêcheur breton, ressemblant à mister MAGOO avec une marinière, part comme tout les jours sur son chalutier. Sa femme, reine de la galette de sarrasin, l’attend sagement sur ses falaises.

 

Seulement voilà … son mari ne revient pas et convaincue qu’il n’est pas mort en mer, elle part le chercher.

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Bon … dit comme ça, ça ne vend pas du rêve …

LA VERITABLE PERFORMANCE, C’EST QUE CET ALBUM EST MUET.

Pas une bulle, pas une onomatopée, rien … Tout passe par les regards, les expressions et le silence.

 

Et là, l’album prend une autre dimension; d’abord parce que LUPANO est plutôt du genre bavard (c’est lui le père des « vieux fourneaux »), ensuite parce ce n’est pas qu’une histoire d’amour: le scénariste y fait passer quelques messages discrets (la pollution, les nouveaux pirates en mer) et c’est surtout un bel hommage au cinéma muet …

PANACCIONE sublime ici ce scénario simple et universel. Dans sa bibliographie, il présente déjà un album muet et remarqué: « Match » , relatant point par point un match de tennis.

 

A noter aussi, les amis, que les 2 auteurs ont de l’actu: LUPANO verra ses vieux fourneaux adapter au cinéma et PANACCIONE vient de sortir « Minivip & Supervip ».

 

L’Histoire des 3 Adolf d’O. TEZUKA

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Gros coup coeur pour la réédition chez DELCOURT / TONKAM du catalogue d’OSAMU TEZUKA et surtout de l’Histoire des 3 Adolf. Pas le seul trésor de ce catalogue mais l’un des symboles du talent narratif du maitre japonais.

Un p’tit résumé s’impose ( et je tiens à préciser qu’il est succinct le résumé ):

Dans l’Allemagne nazie de 1936, un journaliste japonais, Soheï, doit couvrir des Jeux Olympiques ultra politisés. c’est dans ce contexte de propagande et de violence que Soheï apprend que son frère a été assassiné. Celui ci enquêtait sur la probable origine juive d’Hitler.

Un nazi, Wolfang Kaufman, vivant au japon et marié à une japonaise est chargé par la gestapo de retrouver cette fameuse enquète. Lui ne rêve que d’une chose: que son fils intègre les jeunesses hitlériennes . Seulement celui est lié d’amitié avec un jeune juif; les 2 se prénomment Adolf et avec Hitler, les 3 Adolf vont animer cette fabuleuse histoire.

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Attendez vous à un choc !! Sublime, prenant, captivant et sans concession, TEZUKA avance ses pions, manipule notre imagination et conduit son histoire lentement et surement.

C’est avec beaucoup de plaisir ( j’insiste et j’espère que vous le ressentez ) que je vous invite à lire cette immense oeuvre et à découvrir le maitre TEZUKA.

L’obsolescence programmée de nos sentiments de De Jongh & Zidrou

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Ulysse, jeune veuf de 59 ans, rencontre Méditerranée, célibataire de 62 ans. Ulysse craque et retrouve l’envie de plaire et de séduire. Méditerranée, elle, sourit, rougit et se surprend à envisager la vie différemment avec Ulysse.

Ils vont prendre le temps de s’apprivoiser et d’accepter que leurs corps ont changé mais que leur coeur est toujours sensible.

Un très bel album où les adjectifs sensibles, pudiques, délicats et drôles prennent tout leur sens. Pas besoin d’en faire trop. L’histoire est simple, banale mais parle à tout le monde.

Le dessin de De Jongh accentue le coté intime de cette BD; sans concession pour les corps et plein de tendresse pour les scène d’amour, il sublime le scénario de Zidrou par des couleurs pastels et un story board inventif (les petites scènes de sexe sont d’une pudeur extrêmes.)

 

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J’ai beaucoup aimé et j’espère que vous aimerez aussi.

 

 

Méto de Lylian, Nesmo & Lerolle et surtout d’après YVES GREVET

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Ils sont 64 jeunes garçons enfermés dans une grande maison. Aucun d’entre eux ne se souvient de grand chose. Ils sont étroitement surveillés et ne savent qu’une chose: s’ils grandissent trop, ils seront exclus de la maison.

Repartis en 4 groupes d’âge, ils sont scolarisés et entrainés. L’éducation est rigoureuse et les punitions régulières.

Méto fait partie des plus grands et il sait que son temps est compté dans la maison. Méto est curieux et rebelle; il sera le 1er à vouloir se libérer et comprendre.

 

Un roman (adapté ici en BD) dystopique de plus me direz vous ? Pas que … Une revisite des classiques du genre (on pense un peu à 1984 et sa majesté des mouches) et on avance prudemment vers le plus contemporain avec le labyrinthe. Un sentiment prédomine surtout: celui de la liberté : celle d’agir et de se comporter mais aussi celle de comprendre et de grandir.

J’ai beaucoup aimé cette adaptation BD. Le dessin est vif, accrocheur et oppressant à la fois et la fluidité des dialogues est un argument de plus pour ouvrir cette BD.

 

Bravo aux éditions GLENAT et bien entendu à YVES GREVET

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